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De sa posture de reine, elle était là à me narguer. Assis dans ma cellule, la mine grise d’une âme en peine elle me scrutait, m’examinait sous tous les angles. 

J’étais là devant elle, prostré tel un damné. Elle me dévorait de son regard noir. Et sans que je ne puisse dire mot déjà elle m’entraînait dans une nouvelle étreinte.  

Rien d’elle ne me plaisait et pourtant j’accordais plus de crédit à son charme délétère qu’aux couleurs des saisons, et à la vie  qui sans cesse recommençait.

Elle nous jouait la valse des perdants et mon regard, presque vide, à ses yeux suspendus,  acquiesçait. Je n’étais qu’un clown de papier dans les griffes d’acier d’un courroux capricieux.

Depuis, elle reste là à me narguer et moi assis dans ma cellule, je la contente encore,  maintenant le regard froid et la tête baissée. Sans vie je m’emmure dans ses bras.  

Je suis l’un des milliers de condamnés, prisonnier de la Voleuse de Temps. 

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